
Taxe foncière : les nouveaux maires n’ont pas eu la main aussi lourde qu’attendu
3 août 2026L’impôt tant redouté des propriétaires ne devrait pas s’envoler au-delà des 0,8% de hausse liée à l’inflation, dans la majorité des villes françaises.
Habituellement, l’année précédant les élections municipales, les maires qui désirent être (ré)élus, n’augmentent pas le taux de taxe foncière. Une fois les élections passées, ils n’hésitent plus à le relever. Cette année, étonnamment, le taux de taxe foncière voté par la commune reste stable, pour la plupart des 198 villes de plus de 40.000 habitants passées au crible par le cabinet FSL, spécialisé dans l’actualité financière locale. «2026 est une année d’élections municipales et beaucoup d’élus ont fait des promesses de campagne autour d’une taxe foncière qui ne bougera pas, analyse Jérôme Barberet, directeur d’étude au cabinet FSL, auprès du Parisien . Mais évidemment, cette position peut changer l’année prochaine lors du vote du budget. »
Certes, il n’y a pas d’augmentation dans la majorité de ces villes mais vous ne paierez pas le même montant que l’an dernier. La taxe foncière est calculée en multipliant la base imposable du bien, valeur locative cadastrale, par le taux d’imposition applicable. La valeur locative cadastrale correspond à un loyer théorique que le propriétaire pourrait toucher si le bien était loué. Cette base n’a pas changé depuis 1970. Et le taux d’imposition est voté chaque année au sein de chaque commune, il peut donc varier tous les ans. La base imposable prend en compte l’inflation, donc la taxe foncière va quand même augmenter de 0,8% dans les villes où le taux de la commune reste stable.
Garantir les services publics
Seules 11 villes sur 198 villes de plus de 40.000 habitants ont décidé d’augmenter leur taux communal, dont Mamoudzou, capitale de Mayotte qui l’augmente de 95 %. La ville est la seule à taper aussi fort. Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, a alourdi son taux de 29,9 %. Fréjus, dans le Var, augmente la taxe foncière de 22,4%. À Ajaccio, en Corse, la hausse de 19% a été motivée par un souci de «garantie des services publics». En Guadeloupe, Baie-Mahault, l’augmente de 13,7 % et Les Abymes, de 9,3 %.
Nice, a contrario, a réduit son taux, conformément à une promesse de campagne du nouveau maire, Éric Ciotti. «Nous baisserons les taux de la taxe foncière de 20% pour effacer la hausse voulue par Christian Estrosi en 2024. Nous ramènerons la fiscalité au niveau de 2023. C’est un engagement de cohérence : je refuse que les Niçois subissent cette fiscalité confiscatoire qui asphyxie les Français, à l’échelle locale comme nationale. Concrètement, cela représente un gain immédiat de 250 à 300 euros par an pour une famille vivant en cœur de ville», confiait-il au Figaro en avril dernier.
Méfiez-vous toutefois, la base de calcul de la taxe foncière qui n’a pas évolué depuis 1970 pourrait bouger. Bercy veut revoir les bases locatives, ce qui pourrait augmenter la taxe foncière de 63 euros en moyenne pour 7,4 millions de logements. Le ministère de l’Économie compte mettre à jour les «paramètres de confort», qui font grimper la facture. Pour chacun de ces éléments, la Direction générale des finances publiques (DGFIP) ajoute des mètres carrés fictifs pour le calcul de la taxe foncière : 5 m² pour une baignoire, 3 m² pour un lavabo, 2 m² par pièce équipée pour le chauffage et le climatiseur et 3 m² pour les W.-C. Selon Bercy, tous les éléments de confort (eau, électricité, baignoire, lavabo...) ne figurent pas forcément dans les données de la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Or, en 2026, elle considère que tous les logements en sont dotés.
Source : Le Figaro immo
